Unloading – Pt.1

0 Biographie  |   June 27, 2016  |     422

Hier j’avais de la thérapie. oui encore! j’en suis ressortis complêtement numb, désabusé, perdu. Complêtement perdu. Pendant plus d’un an j’ai cherché à déterrer des souvenirs pour mieux me comprendre, mais à la longue d’avoir autant de revenants à moitiés vivant en suspend qui sont tous à des étapes différentes de ma vie ça devient vraiment difficile à gérer. Je commençais à avoir l’impression que mon cerveau était comme un kaléidoscope. Je sais pas si vous avez déjà regardé dans un kaléidoscope, mais le moindre petit changement dans le champs de focus de l’instrument a d’énormes répercussions sur ce que tu vois reflétés dans les mirroir puisque le kaléidoscope amplifie tous les contrastes. Ces derniers temps, la moindre petite fluctuation dans les circonstances de ma vie me faisait changer de cap de façon très radicale et ça devient infernal.

Donc là l’objectif de la thérapie, et depuis les 2 dernières rencontres c’est de joindre les revenants, moi, ces mois qui sont en suspends encore pris dans les événements mais partiellement dans ma conscience au lieu d’être complêtement inconscient. Ça donne un méchant mélange avoir à dealer avec des envies de petit gars de 8 ans, de 9 ans, de 13 ans, de 3 ans, de 15 ans, etc. Il doit bien y avoir une trentaine de ces moi là qui sont à moitiés rescapés. Donc les mettre à jour sur la situation, qu’ils puissent laisser derrière les traumatismes et revenir s’intégrer à ma personne consciente à 100%. En PNL ils utilisent la ‘ligne de vie’ pour créer un courant unifiant dans la vie de quelqu’un et aider à canaliser les énergies vers un point central, vers le ‘moi’ d’aujourd’hui. Normalement la ligne de vie part de tôt, dans la naissance, ou avant. Moi j’ai décidé d’utiliser cette méthode en focalisant le point de départ sur un des traumatismes pour rappatrier le moi survivant. La semaine dernière j’ai choisi un événement, honnêtement je ne souviens plus lequel. y’en a tellement. Mais ça m’avait fait du bien, je me sentais plus fort, plus moi-même. En plus ma vie aujourd’hui elle est mieux; je tiens plus tête aux gens qui exploitent, je sens moins le besoin de tout donner aux autres; j’ai poussé plein au travail et notre projet de recherche (read, my initiative) a été approuvé et sera financé par le gouvernement; j’ai finalement vendu mon condo, final, fini. done. et je suis retournée au rafting pis c’est vraiment cool! Avant que j’essayais de rappatrier les survivants à aujourd’hui ils étaient pas super convaincus de ma vie d’aujourd’hui; qu’elle était vraiment si mieux qu’avant. Mais là, depuis quelques mois, la situation est nettement mieux. Et ils sont content de s’intégrer à moi à nouveau.

C’est dûr de retourner dans un événement ou tu te fais agresser par un membre de ta famille à 6 ans. C’est encore plus dûr quand tu décides de focuser sur une fois ou, tes parents sont partis en france pendant 3 semaines puis que tu t’es fait garder par tes grand-parents pis que tu as passé au cash 5-6 jours d’affilés. It hurts, it hurts so much I can barely continue to write this. “heureusement qu’il y avait de l’alcool”….

Je me suis rendu compte ces derniers jours à quel point ma ‘résilience’ c’était en fait du denial. J’ai survécu grâce au déni, à 100%. Je refusais de me laisser dominer par ça et donc je reniais l’existence de ça. J’avais pas vraiment le choix de toute façon c’était trop difficile à vivre, voir impossible. Ce qui me fait peur dans tout ça c’est le rôle de symbole que mes parents, oncles, tantes et grand-parents ont tenus a travers les années formatrice de me personne. Derrière les rideaux je me faisais abusé, tout le monde savait, mon père l’encourageait carrément, et devant le rideau tout le monde faisait semblant d’aimer et moi je me suis accroché à ça parce que je ne voulais pas vivre ce qu’il y avait derrière le rideau. Je ne pouvais pas vivre ce qui se passait derrière le rideau. Alors non seulement j’étais brisé en dedans confus, perdu, et mon intégrité se faisait violer jusqu’à sa fondation sur une base régulière; mais en plus les supports, les références dans ma vie étaient fausses. Et ça, ça a donné le ton à toute ma vie, à toutes mes intéractions sociales.

Ces jours-ci, j’ai décidé de faire face la paranoïa sociale qui me hante partout ou je pourrais avoir un role prédéfini à jouer dans une sitaution sociale. J’ai toujours eu ça, mais je suis vraiment bon à ignorer les problèmes et focuser sur ce que je veux. Sauf que des fois, dans certaines conditions, ça prend le dessus et ça me contrôle. En ce moment avec toute la thérapie elle est facilement activée la paranoïa. Très facilement. Et avec mon retour au rafting c’est un environnement parfait pour que ça soit ‘triggeré’. J’ai jamais été très bon à prendre de la place dans des grands groupes de gens. Dans des petits groupes ça va, quand mon ‘role sociale’ est clairement défini et établi, ça va aussi. J’arrive à parler devant des auditorium pleins de gens sur des sujets qui me tiennent à coeur et j’adore ça. Les premières minutes je me sens pas trop à mon aise, un peu nerveux mais au bout de 5 minutes je suis complêtement à mon aise. Bref, c’est pas parfaitement logique, sauf si on regarde la situation d’assez près.

Le rafting c’est un environnement particulier. Les intéractions sont pas très deep; les clients viennent pour s’exhalter le temps d’une journée, ils veulent de l’entertainment facile, des moments d’intensité contrôlés, et se faire sortir de leur zone de confort. Si j’étais guide sur des expéditions de plusieurs jours, ça serait différent; t’aurais le temps d’approfondir. Mais là, c’est pas le cas. Veux-veux-pas ça donne le ton, ça set l’ambiance. Tous les jours on leur dessert des jokes sur les même tons, on dit les mêmes expression, on répète notre salade. Je dis pas qu’il n’existe pas de profondeur dans les relations, je dis juste que ça ne prend pas le center stage, ni le second, ni le troisième. Il y a un comportement important a comprendre chez les gens qui souffrent de PTSD; ils veulent tous, à un moment ou un autre, avoir des informations ‘pertinentes’. Avoir une grip sur les gens autours d’eux. Ça rassure. Et donc si l’environnement dans lequel tu te trouves a une prédominance superficielle, c’est un challenge pour quelqu’un qui a du PTSD. Un gros, gros challenge.

En plus en ce moment, je me rends compte du role de marde de mes parents, de la dualité entre leurs paroles et leurs actes, du manque total de support devant l’inconnu, ce qui explique que je me garroche toujours tête première dans n’importe quel challenge sans trop réfléchir parce que j’ai pas l’habitude d’avoir du support, ni d’avoir d’attentes envers quelqu’un qui pourrait avoir eu envie de me supporter émotivement, ou avec de l’information sur ce qui s’en vient.

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