Le Tyran de la Culpabilité

0 Biographie,personal  |   April 6, 2015  |     1581

J’hésite entre donner le titre de tyran de la culpabilité à mon père, ou celui de psychopathe. Franchement, il mérite les deux. Alors que j’étais encore très jeune, mon père tentait de vivre sa vie homosexuelle en cachette et sans se donner le droit de le faire ouvertement. C’est clair qu’il était marié à une femme, et avait déjà deux enfants. Mais ça ne l’empèchait pas d’avoir des pulsions, des envies et je suppose des érections. Le problème c’est quand tu emmènes ton fils en appât, que tu l’offres à un groupe d’homosexuels, ouvertement, sans aucune retenue. Que ton fils finit par se retrouver à te manger l’anus parce que l’homme qu’il convoitait jouissait de sa position de pouvoir et avec toute impunité prenait clairement avantage de la situation.

Manger l’anus à son propre père, je ne crois pas que c’est arriver à beaucoup de gens comme expérience. Je peux vous avouer que c’est une des choses les plus dégueulasse que j’ai vécu. C’est pas la seule, l’homme en question, le convoité de mon père, qu’on appelera Gae; Gae m’a déjà chié dans la bouche. Mais pour une raison que j’ignore je trouve ça pire de manger le cul de mon père. Surtout que ça le gênait que Gae me tienne la face là (mais pas assez pour qu’il l’arrête); pourtant ça ne le gênait pas du tout de voir des membres de sa belle famille m’enculer à répétition, de les regarder me saouler jusqu’à ce que je devienne moi comme un ourson en peluche, et finalement de regarder ces gens me mettre la tête dans l’eau jusqu’à ce que je perde connaissance; question de s’assurer que je ne me souvienne de rien et que je ne parlerai jamais.

Sentir que ton père t’amène dans un attroupement de gais, en offrande pour avoir le droit d’y assister; c’est quelque chose aussi. Comment dirais-je, ça t’enlève toute ta valeur. Ouais, et toute confiance en toi, et tu te sens coupable, pour le restant de ta vie, d’être indigne de l’amour normal ou naturel d’un père.

À un moment donné, il a eu de vrais émotions pour Gae, au point ou j’avais l’impression qu’un jour il allait l’annoncer à ma mère et qu’il irait vivre un amour plus authentique. Gae lui je crois qu’il ne faisait que profiter de la situation, de la naïveté et de l’inexpérience de mon père. J’ai été présent lors de leur accouplement, au début j’y passait, à la fin moins souvent. Je ne crois pas avoir été enculé par mon père, mais par les autres membres de la belle famille et leurs amis, ça à profusion.

Les conséquences de ces actes sont profondément ancrés dans mon être, avec la thérapie j’arrive à y remédier tranquilement, mais 12 ans d’abus sexuels, de torture et de saoulerie c’est pas facile à effacer. Surtout quand un des témoins les plus important, une des figures d’autorité les plus importante et la personne de qui tu t’attends à recevoir de l’amour et bien il cache tout, il renie tout, et par-dessus le marché il passe sa vie à te dire qu’il t’aime et qu’il est là pour toi. Sauf qu’il l’a jamais été, là pour moi. Je vais donner une exemple.

Avant de donner l’exemple, je dois expliquer que les souvenirs prennent du temps à refaire surface; que le corps humain et l’esprit humain on un méchanisme puissant appelé la dissociation qui te permet de continuer à vivre “normalement” quand des événements trop difficiles sont subis. Cette dissociation en temps normale peut être réversé sans trop d’effort, il suffit d’un thérapeute expérimenté. Toutefois dans mon cas puisque les événements d’abus étaient conduits avec l’aide d’alcool à profusion et qu’à la fin on me faisait perdre connaissance coup sur coup soit en me suffocant, soit en me noyant, ça m’a pris 6 ans avant de comprendre à peu près ce qui est vraiment arrivé. 6 ans de thérapie très dispendieuse. Les pires événements sortiront toujours en dernier, les pires trahisons, ce qui fait le plus mal. Le corps a cette merveilleuse fonction de nous permettre d’accéder aux souvenirs que lorsqu’on est prêt à les supporter.

Il y a presque 3 ans maintenant j’ai porté plainte à la police de gatineau, pour des événements d’abus et de torture impliquant un de mes oncles, gae, mon grand-père et un ami de mon grand-père. Certains événements étant survenu sur le territoire de la MRC des Collines, l’enquête a été transféré là-bas. Ça a pris du temps, et je ne comprenais pas à l’époque l’ampleur de l’implication de presque tous les membres de la belle famille ainsi que l’implication directe de mon père. Cela faisait déjà 2 ans que je voulais porter plainte, et cela faisait 2 ans que mon père et ma mère m’en dissuadaient. Mon père en particulier avec plusieurs arguments tels que: ça donne des résultats dans moins de 10% des cas, vaut mieux passer à autre chose (quelle connerie), et la colère ça sert à rien. Il ne faut pas aller dans la colère.

Quand finalement j’ai fait les démarches, la comme par magie tout le monde était de “mon bord”. Du moins c’est ce qu’ils disaient. J’avais confronté tous les oncles, et une tante, et tout le monde s’entendait pour dire qu’il y avait peut-être quelque chose qui s’était passé, “pourquoi ça fait surface maintenant”, “si jamais tu dis que mon mari t’a fait quelque chose tu vas avoir affaire à moi”, en gros un mélange d’intimidation et d’avoeux timides.

Un jour les policiers sont venus chez mes parents, ma mère était là, mon père aussi. Il y a eu un ‘interview’ d’environ 90 minutes avec un policier et une policière, des enquêteurs spécialisés dans ce genre d’événement. Mon père, qui disait être de mon côté, a monopolisé la conversation et détourné le sujet sur plus de 70% du temps, parlant de lui, de son enfance, d’autres choses. Il a tout fait sauf parler de moi. Ma mère elle, comme c’est sa famille et qu’elle a subi la démence de son père elle-même, a parlé d’elle. Mais en gros, moi j’étais dérouté. J’avais enclenché ce processus, et me livrer à l’autorité ça a été une des démarches les plus ardus de ma vie. J’ai toujours eu beaucoup de problèmes avec l’autorité; j’y ai aucune confiance. C’est pas étonnant. Et là, tout le monde me dissuadait, je l’ai fait quand même; tout seul, ils se sont mis de mon côté, et pendant l’interview, LE MOMENT IMPORTANT, la conversation détournée, aucun support, j’étais tellement anéanti. Au lieu du support parental; Le néant, comme tout le reste de ma vie.

Aujourd’hui je comprends très bien pourquoi ça c’est passé ainsi; mon père ne voulait pas que la vérité fasse surface, il en aurait été incriminé. Et donc, pendant la thérapie, il a souvent dit que c’était le temps de passer à autres choses. Ça m’a pris 2 ans entre le premier souvenir et le moment ou j’ai compris qu’on me saoulait systèmatiquement à chacun des abus. C’est long 2 ans! Deux ans à savoir qu’il te manque des bouts, que t’es pas bien, que tu doutes de toi. Quand les souvenirs montaient, chaque fois, j’avais pas le droit à la colère (qui est saine dans la thérapie, ça “fait le ménage”), aussitôt que je devenais en colère, mon père me le reprochait. Quand j’ai commencé à me souvenir de l’alcool, là aussi, “il serait temps que tu passes à autres choses”. Moi je voulais creuser, moi je VEUX COMPRENDRE. Quand j’ai trouvé une technique de thérapie qui me donne accès au souvenirs, ça a été au tour de ma mère de me dire que c’était dangeureux, et mon père de dire que c’était pas mes souvenirs mais plutôt des souvenirs ‘cellulaires’. En gros il ment, il utilise la culpabilité pour garder tout le monde en règle et il fait à peu près tout pour m’empêcher d’avancer dans ma démarche; me met des bâtons dans les roues à chaque opportunité. Il a mal compris à qui il a affaire; j’ai UN SEUL DÉSIR, comprendre, voir clair, avoir la vérité parce que c’est essentiel pour la guérison. Et la guérison, j’y tiens vraiment.

À d’autres moments, il va dire des choses déroutantes. Par exemple au tout début, quand j’avais des montés de colère et que ça tombait sur lui, il me disait: “tu m’en veux parce que je ne t’ai pas protégé”. Je ne comprenais pas cette affirmation. Il ne m’a pas protégé, mais comment exactement? Je ne savais même pas qu’il était au courant à l’époque. Plus tard, il me dira avec un air sérieux: “Tu sais, je te crois, et je crois que ça t’es vraiment arrivé”. Et encore plus tard, quand j’ai impliqué les forces de l’ordre dans l’affaire, il m’a dit: “Martin, tu sais c’est pas de ma faute si ça t’es arrivé, c’est de la faute des aggresseurs”.

Aujourd’hui, avec la lumière, et les informations auxquels j’ai accès, tout ça prend son sens. Il savait, il aurait pu me protéger, il était souvent PRÉSENT, et il veut se déculpabilisé en remmettant la faute sur les ‘agresseurs’. Il y a juste un problème, c’est que c’est lui qui m’a amené sur les lieux de plusieurs abus, en sachant très bien ce qui allait s’y dérouler, qu’il les a regarder me saouler, m’enculer, et me mettre la tête dans l’eau jusqu’à évanouïssement. Et ça, c’est impardonnable. Je ne lui pardonnerai JAMAIS.

Je ne lui pardonnerai JAMAIS de m’avoir menti toute ma vie. Je ne lui pardonnerai jamais de m’avoir fait croire qu’il m’aimait, je ne lui pardonnerai jamais de m’avoir dit qu’il me supportait, je ne lui pardonnerai JAMAIS d’avoir été capable de regarder des gens qu’il connaissait abuser de moi, me saouler, me torturer et RIEN FAIRE. C’est tout simplement impardonnable.

En plus d’avoir tout fait en son pouvoir pour m’empêcher d’y voir clair, et ce tout en prétendant m’aider dans la démarche de guérison.

Une dernière anecdote; et celle-là assez percutante aussi. Il y a quelques années c’est ma petite soeur qui s’est souvenu des abus qu’elle a subit, au mains de mon oncle. Il la soualait et l’abusait sexuellement. Ça m’enrage d’en parler… mais tellement. J’aime tellement ma petite soeur. Savez-vous l’idée originale qu’a eu mon père en ‘apprenant’ cela (en fait il le savait depuis belle lurette). Il a eu la merveilleuse idée d’inviter mon oncle chez nous, pour l’aider. POUR L’AIDER À GUÉRIR DE SA MALADIE DE PÉDOPHILE.

Bravo. Et ça donne quoi comme message à ta fille ça? Ben, ton oncle, qui a abusé de toi, il est plus précieux que toi à mes yeux, lui je vais l’aider. Toi.. ben toi tu souffres et je vais tout faire pour que tu restes exactement comme ça.

Ah aussi, quand j’ai porté plainte à la police, si mes soeurs avaient aussi porté plainte l’enquête aurait pris plus d’ampleur et aurait peut-être eu une chance de fonctionner, et bien mon père lui a continuer à ‘supporter’ mes deux soeurs dans leur peurs, pour les dissuader de porter plainte. Parce qu’à ce moment-là, il aurait été démasqué.

Et bien bravo. Avec tous ces comportements, et j’en passe, il se mérite le titre de psychopate. Alors si vous le croisez, et qu’il tente de vous aider dans votre parcours spirituel, sachez que c’est un psychopate; et qu’il se crisse royalement de vous. Il veut juste accumuler des points pour l’au-delà. Des points de Karma. Sauf bien sûr si vous êtes un homme, sensible et que peut-être il peut avoir des fantasmes à votre sujet.

ps: avant de partir, j’ai aucune intention de lui faire du mal. j’ai aucune intention de lui causer du tord; tout ce que je veux c’est que la vérité soit dite et dite de façon permanente. Que personne ne puisse l’effacer. Ma grand-mère, ma tante, mon grand-père, mes oncles, mon père et (malgré elle, du moins je crois) ma mère ont tous travailler ensemble pour m’empêcher de parler. J’en peu plus de garder ça en dedans et j’ai le droit légitime que la vérité soit exposée. C’est le but de ma démarche, c’est le but de mes billets de blog, et c’est nécessaire à ma guérison. Si je leur voulais du tord, j’utiliserais leurs noms. Ça serait le première chose à faire, et je ne le ferai jamais; sauf en court si jamais ça se rend là, et oui j’espère un jour qu’ils paieront selon la justice criminelle pour leurs actes.

bien à vous

// Artwork by MassacreAngle

Martin

Comments

Leave a Reply