Épisode Nelson – II

0 personal  |   May 21, 2007  |     511

Re-bonjour tout le monde,

je vais reprendre ou j’ai laissé. Là je suis de retour au camping après 6 jours dans la grande maison (qui vaut 900,000$!!!). J’ai pris des photos du comptoir en marbre qui vient de Turkie, de la maison. Je vais les ajouter à la fin de ce mail. J’ai aussi réussi à prendre une photo superbe d’une fleur et une abeille, vous pouvez la voir ici: photo sur DeviantArt (cliquez sur la photo pour voir le grand format..).

Je suis arrivé au camping côté est de Manning Park à la tombé de la nuit. Ma lampe frontale a passé 3 jours en mode clignotement dans mon sac lorsque j’étais en Suisse; je me demandais bien ce qui pouvait clignoter ainsi! Mon lecteur MP3? non.. impossible. Finalement je l’ai éteint rendu à Montréal en me surprenant de ne pas l’avoir compris avant; j’avais oublié que ma lampe frontale se trouvait dans mon sac.

Bref elle n’a plus beaucoup de ‘jus’, et projette une lumière bleuté plutôt pauvre. J’apperçois la neige par endroit, je vois la rivière qui longe le camping d’un côté et de l’autre l’autoroute 3. Je finis par m’installer le plus près possible de la rivière, en me disant que le bruit de la rivière dominera celui de la route. Voici un ou j’ai dormis: Carte de Manning Park

J’étais crevé, mais complêtement. 2 nuits sans sommeil profond.. je sors mon sac de couchage à 9.99$ et la doublure à 19.99$. Je me dis que ça ira; le polar c’est solide.. Je m’allonge… et sans m’en rendre compte je m’endors.

Je ne sais pas combien de temps j’ai dormis avant de me réveiller en sursaut, sauter hors de mon sac de couchage, réussir à renverser ma bouteille d’eau d’un litre partout dans la tente sur le coup. J’étais mal dans mon corps, c’est quoi ce corps? Qui suis-je? Ou suis-je? L’eau était répandu partout sur le sol de la tente, sur mon lingue que j’avais mis à côté de mon sac de couchage. Au bout de 2-3 minutes je me souvint de ma situation. Ce qui m’est arrivé c’est que je suis sortit de mon corps. J’étais tellement fatigué, que mon âme a quitté le corps pour un moment, et quand il est re-rentré j’étais complêtement déboussolé. Ça m’arrive parfois, je sais le reconnaître maintenant. Cela m’arrive soit quand je suis vraiment triste ou épuisé; alors mon âme cherche à se réconforter et sort un moment, ou quand je suis tellement heureux et dilaté qu’elle se met à flotter tout simplement et pars sans effort.

La première fois j’étais au 402 Rue St-Philippe à Mtl. J’habitais avec Reuven (australien) et Jennifer (texane). Je me suis réveillé à minuit en criant comme un gars qui vient de se faire poignarder dans le dos, et je me touchais partout. C’est quoi ce corps? Je suis pris!! JE SUIS PRIS DANS UN CORPS. Je sautais, je me touchais chaque pouce carré, mon corps me semblait une aberration; je ne le reconnaissais plus. Mes colocs se sont réveillés, et sont venu dans ma chambre me demandant si tout allait bien. Je leur répondi qu’il semblait que tout était ok, et que je ne comprenais pas ce qui venait de se passer mais que mon corps me semblait étranger; tout en continuant à me toucher partout, sur les épaules, les fesses, les cuisses, les bras, me demandant bien ce qu’était cette enveloppe charnelle dans laquelle j’étais pris. Quelque jours plus tard je compris ce qui c’était passé: j’étais sortit de mon corps.

Bref, ça vous donne une idée. Résultat, il faisait humide dans la tente avec 1 litre d’eau répandu partout, en plus de la température qui a du descendre près de -5 degrés celcius. J’avais froid, mon sac de couchage était humide et pas du tout fait pour cette température. Ah, avec MON sac de couchage je serais confortable même avec cette humidité! Je ne dormis que très mal, mes pieds perpétuellement gelés. J’essais de regrouper mon corps en petite boule sur le côté; et un moment je mis ma tête dans le sac de couchage pour réchauffer le micro-environnement avec mes expirations. Ça fonctionne au début, toutefois ça humidifie encore plus les contenu du sac; bref après 30 minutes (là je commençais à avoir chaud), je sortis ma tête pour mieux respirer et puis au bout de 15 autres minutes c’était encore pire.

Les sacs de couchage fait pour l’hiver ils ont une forme de momie pour que le matériel isolant soit près de la peau. Ce sac de couchage avait une forme rectangulaire, ce qui rend plus difficile de trouver la chaleur dans ce froid.

Bref à 5h AM j’étais debout, frigorifié. Mes articulations me faisaient mal, je ne sentais plus mes pieds ni mes doigts. Je mis 30 minutes à tout préparer mon matériel pour le remettre dans l’auto. Il y avait du gel sur le sol, et sous la toile de ma tente. Bref l’humidité causé par l’eau renversée s’était condensé sous la toile et finalement avait gelé! Le métal des tiges de la tente me gelait encore plus les doigts. Je me brossai les dents et je pris le volant de Lucie (le nom de ma nouvelle Jetta) vers 5h30 du matin. Il ne faisait pas tout à fait clair, et le soleil n’était pas levé. Je regardai autour de moi, et me surpris de ma décision de camper là, il y avait de la neige par monticules ça et là, pas bon signe niveau température!

Trois nuits passés sur la corde à linge.. ça va mal. Le froid m’activait cependant. Je conduisis pendant 2 heures, assez longtemps pour permettre au soleil de s’élever au-delà de la cime des montagnes, de me réchauffer. Tout long je sentis mes pieds se dégeler, ainsi que mes mains, ça faisait mal. Les pieds ça pris une bonne heure; un moteur diesel ça chauffe pas beaucoup on dirait!

Je m’arrètai au bord de la route, là ou la vue était belle et le soleil me réchauffait. Je déjeunai d’un yogourt, un sandwich acheté la veille à Hope et un Spritzer (équivalent d’une boisson gazeuse mais naturelle à saveur de fruit. Je dois avouer que c’est très bon!). Je m’endormis une bonne heure au soleil, ça me faisait du bien. Il du être près de 8h quand je repris la route. Je n’avais pas d’autre plans que de me rendre à Nelson pour le couché du soleil. J’avais un bon 5h de route devant moi. Une demi-heure plus tard, alors que je suivais une rivière près de Keremeos, je vis une pancarte annonçant ‘Cathedral Lakes Provincial Parks’. Je me dis pourquoi pas? Je tournai au pont rouge pour me rendre au parc. La route suivait la rivière, et moi je m’imaginais descendre cette rivière en canot, quel plaisir! Et puis l’asphalte fut remplacé par du gravier, mais la route était belle. Elle bifurqua sur la gauche pour suivre un affluent, une autre rivière dont le nom m’échappe. Cette rivière sinuait dans un canyon, son débit était parfait, un R3 – R4 (classement de rapide) sur tout son long!! WOW! Je ne crois pas qu’elle serait praticable l’été, mais là en période de cru.. Tout en conduisant j’analysais l’hydrologie de la rivière, cherchant à démontrer qu’elle sera praticable en canot, et effectivement elle l’est. C’était un R3 sur plusieurs kilomètres; et chaque fois que je découvrais un obstacle majeur il y avait un passage. Que ce soit un arbre, des rochers, un seuil, il y avait toujours moyen de manoeuvrer. La rivière ne faisait pas plus de 20 mètres de large, 10 mètres en moyenne, et descendait une pente soutenu tout le long. La route me permettait de l’inspecter en détail. Soudain un ‘logging truck’ me pris de surprise; ce qu’ils peuvent aller vite!

(voici le lien pour l’information sur le park : Info sur BC Parks )
Au bout d’un moment, je crois que ça du être 15-20 kilomètres depuis le pont rouge, j’arrivai à l’entré du parc. Je pris le temps de lire la carte pour trouver le sentier que j’allais entreprendre, je me décidai sur ‘Lakeview Trail’. Ils indiquaient 10h pour se rendre aux lacs, près de 600mètres de gain d’altitude; en fait c’était peut-être un peu plus. J’étais si fatigué, j’ai presque changé d’idée! Il était 8h50 du matin, et j’avais pas vraiment dormis. Je m’assieds sur le siège, et je me surpris à m’assoupir un moment, et alors je me levai d’un trait, pris mes trucs (bouteille d’eau, autre sandwich, barre granola, brosse à dent et dentifrice) dans un sac de plastic, et habillé de jeans, des souliers North Face (achetez JAMAIS des souliers north face pour la randonnée.. disons que c’est pas leur spécialité) que je me suis acheté en Thaïlande, je me mis en route. Le trail était très belle mais montait vraiment vite. Je dus grimper les 600 mètres de dénivelé dans les 3 premiers kilomètres de la piste. Pour vous donner une idée, 600 mètres c’est à peu près le Mont Tremblant. La trail se mélangeait à une route par endroit, entre autre pour croiser le ‘Noisy Creek’. Quelle beauté! Quelle nature vierge! Un beau tapis de conifère à perte de vue, pas une coupe à blanc à l’horizon, pas un humain non plus!

Je marchai comme ça pendant 3 heures avant de croiser un premier humain. Stephen de son nom, il était partit la veille au matin dans le but d’aller passer quelques jours aux lacs. Il avait sur son dos un sac de près de 40 livres, alors que moi j’avais un sac de plastic. Il avait des bottes de hiking digne de cette appelation, des pôles aux mains, et sur son sac étaient attachés ses raquettes (snowshoes). Il avait mit 13 heures pour se rendre au sommet. Je l’ai croisé dans un champs de Sauge Sauvage, au sommet de la première montagne. On suivait la crète qui allait nous mener vers d’autres crètes et de là jusqu’à la face enneigé qu’on apercevait au loin. Il m’a dit avoir dormis sur cette face, au-dessus de la corniche de neige. Il m’a aussi dit que si je continuais à marcher j’arriverais rapidement dans la neige et qu’elle enfonçait, et que sans raquette je n’avais aucune chance. Je ne sais pas pourquoi, mais moi je m’imaginais pouvoir me rendre aux lacs, je me disais que 10h c’était pour les gens pas en forme, et que j’y arriverais en 5 ou 6h … Haha!! Des fois je me trouve vraiment trop idéaliste..

Bref, la vue de ce champs de sauge sauvage était incroyable. Je me sentais légé, tout était clair dans ma tête, mes plans, mon future, ce que je devais faire; et ce sans avoir à y dépenser d’énergie. L’harmonie avec l’univers m’envahissait, je flottais.

Stephen repris sa marche. Je continuai à monter jusqu’à la risière de la forêt, et puis je trouvé un gros rocher surplombant le vide, et je m’assis un moment. C’était tellement beau, à ma gauche ce tapis de conifères, et à droite cet cimes enneigés. Stephen m’avait dit que les lacs étaient de l’autre côté des cimes.. cela semblait ci loin. Malgré l’altitude je ne pouvais pas voir le stationnement ou Lucie m’attendait, j’avais quand même fait de la distance; il se trouvait de l’autre côté de la montagne à ma gauche.

(voici une carte qui indique approximativement les points importants.. : Carte de Cathedral Lakes )

Je pris le chemin du retour quelques temps après. Lorsque j’arrivai à Lucie il était près de 13h30. J’avais faim et je n’avais plus de provisions. Je conduisis jusqu’à Osoyoos ou je m’arrètai au McDo (ERREUR!). Après le repas, je repris la route vers Nelson. Lucie allait vraiment bien, c’est surprenant! J’arrivai à Nelson vers 6h pm. Je me rendit à mon bureau, et puis au camping. À 7h j’étais dans mon sac de couchage, accablé par une migraine à vous faire exploser les os. Le McDo c’était pas une bonne idée. Je crois m’être endormis vers 9h00, dehors les enfants s’amusait, on entendait la musique, des gens mangeait, moi j’étais tortillé sur moi-même, dans une position impossible. Si j’avais le malheur de bouger j’étais attaqué par la nausée, hors je ne bougeai pas. Pendant 2 heures je restai ainsi, et puis un moment je compris que ça allait passer, et finalement je m’assoupi. Il y a toujours une position dans laquelle la migraine est plus soutenable, normalement c’est la tête entre les genoux, accroupis, avec un bras quelque part là-dedans et un autre derrière. Si j’ai le malheur de me rouler sur le côté l’effet s’en va, et la migraine reprend le dessus. Un jour peut-être un médecin pourrait m’expliquer pourquoi cette position aide.

Je me réveillai le lendemain vers 9h am. Après une bonne nuit de sommeil (alleylujah!).

Je passai les deux prochains jours sans histoire, à travailler dans mon bureau et dormir au camping. C’est une situation difficile, et puis je me remettais toujours de mon aventure. Mon corps.. épuisé. Le dimanche soir (2 nuits au camping de Nelson plus tard), je croisai Diane alors que je marchais vers le camping; à 11h et quelques du soir. Elle allait porter 2 films chez Reos. Elle parlait vite, et puis moi je la suivi, et elle m’offrit un toit que j’acceptai le sourire au lèvres. Je connais des anglais ici, mais eux ne m’invite pas chez eux, alors que Diane que je connais à peine, elle est québécoise, elle m’invite volontier! La différence c’est dans la culture.

Pendant ces deux jours au camping, je lu 300 pages de mon roman, je me sauvais de la réalité dans mon livre. Parce que la réalité; de travailler 9 heures par jour, manger dans les restaurants, être complêtement solitaire et dormir au camping sur un matelas gonflable de 2 pieds de large et 2 pouces d’épais; elle est pas facile à vivre. Ça ne me gêne pas de travailler, mais c’est plus agréable quand on a un chez soit. Ce camping, le camping municipal de Nelson, il ne permet pas de faire de feux, moi j’ai pas d’équipement de camping pour cuisiner, les terrains sont tous petits.. bref.. rien de palpitant.

J’ai passé 6 jours en compagnie de Diane. Cela m’a fait le plus grand bien. On a fait du vélo de montagne 3 fois. À Sproul Creek la première fois, le mardi soir, et puis à Chamions Lake le jeudi et samedi (dernier). Voici ou se trouve la trail de Champions Lake: Carte de Champion Lakes

C’est un sentier sublime! La surface est belle, on peut atteindre une bonne vitesse, la trail monte et descend sans cesse, est vraiment peu large, parfois ça fait juste! On pourrait la faire des centaines de fois, et chaque fois améliorer sa performance parce qu’elle est tellement sinueuse et serrée. Un petit bijoux.

Diane et moi on se ressemble beaucoup. Malgré les 20 ans qui nous séparent; et puis en mountain bike elle me suit d’assez prêt. Elle est compétitive, et parfois je lui laisse croire qu’elle me rattrappe et puis elle vient à côté de moi et je la regarde le sourire au lèvres avant de mettre le gaz à fond et disparaître devant elle..

Là depuis vendredi je suis de retour au camping. De retour dans ma vie solitaire; et je travaille fort en attendant l’arrivée de Mina (mardi) et la vente de ma moto (AUJOURD’HUI J’ESPÈRE). Aussitôt que ma moto est vendue je peux partir; j’ai dépensé 100$ en annonces dans les journaux et fait ce petit site web : http://www.newcommerce.ca/kawa . J’ai mis des annonces dans l’AutoTrader, le Nelson Daily News, le Pennywise Ads, CraigsList, Kijiji .. J’ai eu 3 appels à date.. depuis 10 jours..

Je planifie partir jeudi, passer 2 jours à Golden pour faire du vélo de montagne dans les ‘Moonrakers’ avec Anna (mon ex-coloc), et passer du temps avec Scott et Dalia. Et puis reprendre la route. Donc je devrais être à montréal avant le 1 ier juin.. du moins si tout va bien.

Je vous aime… prenez soin de vous!!

Diane verse du Sirop dans une bouteille d’alcool.

Diane qui met du sirop d'érable dans une bouteille d'alcool

Le comptoir à Marc qui vient de la Turkie

La marbre du comptoir

Le Manoir de Marc

Le manoir de Marc, chum à Diane

Le manoir à Marc, chum à Diane

Manoir à Marc, chum à Diane

L’approche de l’abeille
L'approche de l'abeille

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